Wallmarde, Zèlés, Canadien fatigué, Cears, La Bé, etc. Ils sont partout !!!! Ce dont je me rends compte, c’est que de plus en plus, ce genre de magasins à grande surface, offrant des « prix très avantageux » sur ses concurrents, se multiplient et envahissent chaque coin du Québec ; que dis-je, du monde !
Que faites-vous à encourager ce genre de boucherie ? Je vous entends d’ici : « Oh ! mais c’est beaucoup moins cher ! Ils ont de tout ! » Vraiment, vous oubliez le coût réel de vos achats. Où est-il le boulanger ou le boucher du coin qui vous accueille avec un grand sourire, vous appelle par votre prénom, même si ce n’est pas votre ami à proprement parler ? Où sont-ils tous ces gens qui adorent leur métier ? Partis ! Va falloir se réveiller un jour et arrêter d’encourager ces « faiseux » d’argent - car ils ne veulent que ça ! « Bienvenue chez Wallmarde ! » qu’un associé vous dit… Est-ce qu’il vous parle ? Bien sûr que non. Il s’adresse - indirectement je le sais bien - à votre porte-monnaie. « [L’argent est] bienvenu chez Wallmarde ! » C’est tout ce qu’il affirme, malgré lui.
J’écris ce bref article, après avoir lu une lettre ouverte de Patrick Sénécal, écrivain et professeur de littérature. Voici le texte en question :
Le 10 novembre 2004
Bonjour chers lecteurs et chères lectrices.
Il m’est arrivé quelque chose récemment que j’ai envie de partager avec vous tellement cela me met en colère.
Suite à l’arrivée d’un gros commerce dans ma région qui menaçait la survie d’un petit club vidéo, j’ai voulu dénoncer la chose en publiant une lettre ouverte dans le courrier du lecteur du journal de ma région, l’Oeil Régional. Mais le responsable du courrier du lecteur, monsieur Bernard Blanchard, a refusé de publier ma lettre, prétextant qu’il ne se mêlait pas de choses commerciales. Évidemment, il protège la grosse entreprise en question. Pourquoi, je l’ignore, mais je trouve cela scandaleux et je lui ai promis que je le dénoncerais partout où je pourrais. Voilà, je le fais ici. Et je publie la lettre en question, celle qui a été refusée.
CONTRE LES GEANTS
Vous connaissez Mathieu Péladeau? C’est le jeune et sympathique propriétaire du Club vidéo de la Montagne, sur Laurier à Mont-Saint-Hilaire, ouvert depuis deux ou trois ans. Tellement sympathique que lorsque vous entrez dans son club, il vous sourit et vous salue toujours. Tellement sympathique que si vous n’avez pas d’argent, vous pouvez le payer le lendemain ou quand vous reviendrez. Tellement sympathique que si un film que vous aviez réservé n’est pas encore arrivé, il va aller vous le porter chez vous! (Je vous le jure, il l’a fait avec moi l’autre jour!) Et je précise tout de suite que Mathieu n’est pas mon ami, je ne le vois que lorsque je vais louer des films à son club. C’est juste un maudit bon gars qui aime son travail et qui aime le monde.
Maintenant, vous connaissez le Super Club Vidéotron? Un gros monstre baveux. Tellement baveux qu’ils viennent d’ouvrir une succursale tout près du Club de la Montagne. Tellement baveux qu’ils sont allés chercher deux employés au club de Mathieu. Tellement baveux qu’ils ont appelé Mathieu pour lui proposer de l’acheter, pour évidemment fermer son club ensuite. Car ces gens-là, avant d’écraser l’ennemi, lui offre une dernière chance de salut. Mais quel salut? Celui de prendre un peu de fric pour voir son entreprise fermer? Un peu d’argent pour voir le monstre gagner? Est-ce que ça vaut la peine?
Poliment, Mathieu a refusé. Car Mathieu est incapable d’être impoli, même avec ceux qui lui crachent au visage. Il a refusé parce qu’il a de la dignité. Et parce que son club, c’est son bébé, sa fierté. Il a ouvert sa buisness alors qu’il avait seulement vingt et ans, un âge où plusieurs se demandent encore quoi faire dans la vie. Il a tout investi là-dedans parce qu’il y croyait. Maintenant, une grosse machine sans cœur qui possède TVA, Groupe Archambeault et plusieurs revues à potins arrive et lui dit : «Débarrasse, ti-cul! Laisse les grands faire de l’argent!»
Mathieu demeure souriant et de bonne humeur parce qu’il est optimiste de nature. Mais on le sent nerveux. Je le comprends. Il a peur. Le futur de son club est entre nos mains, à nous citoyens. Non seulement les abonnés du club de la Montagne doivent continuer à aller chez Mathieu, mais j’invite toute la population à boycotter ce Vidéotron. Qu’un club Vidéotron ne marche pas, cela n’a aucune importance, ces gens sont tellement, tellement riches. Et puis, merde! Ils sont partout! Il y en a déjà un à Beloeil, faut pas virer fou! Mais si Mathieu ferme, lui? Il a investi son temps et son argent, il a tout mis dans sa buisness au cours des trois dernières années.
Que va-t-il faire s’il ferme?
Est-ce qu’on est prêt à faire mourir une jeune entreprise créée par un jeune de chez nous? Accepter Vidéotron à Mont-Saint-Hilaire, c’est donner des armes à Goliath pour qu’il écrase David. Je ne serai pas ce pourvoyeur. J’espère que vous non plus.
Patrick Senécal, écrivain
Le journal l’Oeil Régional:
http://www.hebdos.net/orb/default.asp
En espérant que vous allez changer vos habitudes. « Bonjour Léopold ! Bienvenue dans ma petite entreprise. Tu me sembles anxieux aujourd’hui, tout va bien ?… »
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Source :
Site officiel de Patrick Senécal : http://www.patricksenecal.net/